21/09/2014

"Muchachas Tome 3" de Katherine Pancol

 

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Attention Spoiler !!!

 

Après avoir été un peu déçue par le tome 2 car l'histoire se concentrait énormément sur Gary/Hortense/Calypso, j'ai été agréablement surprise par ce tome 3 ! En effet, dans ce dernier tome, l'auteure s'attache à parler de chaques personnages que l'on avait aperçus dans le premier tome. On y retrouve donc l'histoire de Joséphine mélangée à celle de Stella, de Léonie, de Ray, d'Adrian... mais également de Gary, Hortense, Calypso...

J'aime la façon dont Katherine Pancol nous parle du quotidien de ses personnages. Parfois juste quelques lignes ou à des moments plusieurs pages, sont consacrés à un personnage bien précis, même si évidemment les personnages secondaires sont tout aussi importants.
J'adore également la manière dont l'auteure transite d'un personnage à un autre. On y retrouve un lien même si les personnages en question ne sont pas dans la même ville ou même s'ils ne se connaissent pas. ça donne du style à l'ouvrage et montre bien que chaque chose est pensée et démontre enfin la qualité du bouquin.

Encore une fois j'ai passé de très bons moments à côté de cette multitude de personnages que j'ai appris à connaitre au fur et à mesure des pages (et des tomes !). J'ai eu l'impression de dévorer ce troisième tome, même si je ne l'ai lu qu'en trois jours (ce qui est à peu près mon habitude de lecture).

Le titre répétitif s'explique dans les trois tomes et change par rapport à "la trilogie des animaux" !

Concernant ce final tant attendu, je dois dire que l'auteure nous invite à patienter encore une fois, puisque certaines histoires restent en suspend, notamment celle d'Hortense et d'Elena, ou encore celle de Gary/Hortense/Calypso. Par contre, le final de l'histoire de Stella me semble correct et celui de Joséphine également. Alors on peut se poser plusieurs questions : l'histoire va-t-elle continuer ? Doit-on attendre une suite ? Une nouvelle trilogie ? Il va falloir patienter pour connaitre les réponses à ces questions...

Petites citations pour la route : "L'amitié, comme l'amour, c'est faire attention à l'autre."

"Le bonheur, c'est une affaire intérieure. Entre soi et soi."

"C'est comme ça que les choses arrivent parfois, parce qu'on y croit sans renoncer, sans lâcher pied et que ça allume des feux d'espoir dans la tête."

"La vie fait des miracles. Faut pas croire que tout est noir même si nous le répète tout le temps, faut croire aux exceptions et surtout, surtout, il faut croire qu'on est soi-même une exception."

"Il n'y a rien de plus beau que ce qui peut se passer entre un homme et une femme. Cet amour-là est unique, parfait, même s'il ne dure que trois minutes, tu m'entends ? Trois minutes de bonheur parfait suffisent à remplir une vie. Avec toi, j'en ai en pagaille, des rations de trois minutes, alors je vais être un homme heureux."

"Le malheur, on peut l'accepter. A condition qu'il s'arrête un jour. Qu'importe la date ! Pourvu qu'il y en ait une. Alors on peut être patient et endurer. Mais si on ne vous donne pas de date, si on rajoute du malheur tout le temps, ce n'est pas supportable. ça rend fou."

"C'est aussi ça le bonheur. Quand tout est à sa place et qu'on a un siège réservé. Et la vie est partout. Elle jaillit de la musique, d'une image, d'une odeur, d'une scène de la vie quotidienne."

18/09/2014

"Sa vie dans les yeux d'une poupée" d'Ingrid Desjours

 

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Barbara est une jeune femme fragile au sombre passé. Elle est obsédée par les poupées au point de parfois les entendre lui parler. Elles lui donnent des conseils sur sa manière de diriger sa vie. Et Barbara semble en avoir besoin entre une mère aveugle dont elle doit s'occuper en permanence et qui l'a bat à la moindre occasion, et le viol qu'elle a récemment subit dans le parc un soir en rentrant chez elle. Barbara est une femme brisée mais qui a encore de la ressource...
A côté de ça, Marc revient à la brigade des moeurs après avoir vécu une amputation suite à un terrible accident de voiture. Il est cynique et n'attend plus grand chose de la vie. Malgré tout, il s'acharne au boulot notamment dans une sombre affaire qui révèle un psychopate hors pair !

Une lectrice m'a conseillé ce livre et comme elle connait assez bien mes goûts en thriller, je lui ai fait confiance ! De plus, ce livre est sorti en poche récemment, raison de plus pour le découvrir !

Nous faisons la connaissance de Barbara, une femme qui ne va pas bien du tout. Une mère autoritaire qui la culpabilise en permanence pour un fait dont elle n'est même pas coupable, un viol dans un parc le soir dont elle va complètement occulter les faits et enfin, "le don" d'entendre ses poupées lui dictaient sa vie. Nous avons affaire à une schizophrène. L'auteure nous la dépeint comme telle et au regard de tout ce qu'elle a subit, le lecteur comprend son désir de devenir une autre personne, loin de tous ses ennuis...

Puis vient le tour de Marc, un être provocateur, cynique et mysogine, bref tout à fait le type qu'on a envie de détester. Mais comme Barbara, lorsque nous regardons les épreuves qu'il a subit, on peut comprendre son envie de tout envoyer en l'air et son faible espoir en la vie. Et pourtant, l'envie est toujours là puisque Marc va se remettre au boulot, quitte à encore une fois payer de sa personne !

Je ne vous en dirais pas beaucoup plus sur l'histoire qui mérite d'être découverte ! Je peux juste vous dire que certains passages sont parfois assez choquant, dur et limite glauque. Ceux ou celles qui ont aimé "Le purgatoire des innocents" de Giebel ou "Des noeuds d'acier" de Sandrine Collette, apprécieront sans doute ce titre.
Evidemment, certains éléments de l'histoire peuvent être critiqués par le manque de réalité, mais pour ma part, je me suis tellement projetée dans l'histoire que j'ai passé outre ces quelques petits défauts.

Un petit mot sur la couverture du poche que je trouve très jolie et qui m'a attiré dès le premier regard.

Bref, un très bon moment angoissant avec ce thriller qui m'a beaucoup plu ! 

15/09/2014

"Le soleil à mes pieds" de Delphine Bertholon

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D'un côté, La Petite, fragile et simplette, subit l'emprise de La Grande, tyrannique et machiavélique. Deux soeurs que tout oppose mais qui restent pourtant toujours ensemble. Ensemble face à une enfance traumatisante, à des choses enfouies, à un sombre passé.

Après avoir eu un énorme coup de coeur pour "Grâce" de Delphine Bertholon, il me tardait de découvrir son dernier roman. Mais les choses font que j'ai dû attendre un an avant de découvrir "Le soleil à mes pieds".

Totalement différent de "Grâce", je me suis plongée dans ce court roman qui dérange dès les premières lignes. Le lecteur fait la connaissance de ces deux soeurs si différentes l'une de l'autre que l'on pourrait douter de leur lien de sang. Par de petits paragraphes et par des phrases très courtes, l'auteure nous expose le lien étrange qui unit La Petite et La Grande. L'ambiance est donnée dès le départ : c'est lourd, malsain, sombre et noir.

Delphine Bertholon donne la parole à La Petite. Elle nous laisse apercevoir ce qu'est sa vie, chapotée par sa soeur La Grande. Cette dernière la brise continuellement, lui rend visite tous les jours, la surveille à sa manière. La Petite n'ose pas, ne prends pas de risque, bref ne vit pas sa propre vie.
Et à côté de tout ça, le passé rode sur le quotidien de ses deux soeurs : par les souvenirs, par les demandes d'interview, par les doutes et les questions. Je n'en dirais pas plus, car c'est là que réside toute l'histoire, le mal-être de ces deux jeunes femmes.

Alors effectivement, c'est un roman étrange qui ne plaira pas à tout le monde, ou du moins à peu de personne. J'ai aimé le style d'écriture, la manière dont l'auteure nous fait rentrer dans cette ambiance morbide. Ce livre a l'avantage également de se lire très rapidement (184 pages) mais nous laisse néanmoins une sensation étrange lorsque l'on termine la dernière page : une sensation de mal-être mais également d'optimisme.

Bref, un roman insolite et dérangeant !

Petites citations pour la route : "Peut-être les humains ont-ils une réserve de bonheur, une sorte de batterie ? On en utilise un petit bout de temps en temps et à force, ça s'épuise."

"on a beau faire semblant, le passé veille toujours, dans une boîte ou une autre."

10/09/2014

"Imagine le reste" d'Hervé Commère

 

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Fred et Karl sont amis depuis toujours et trainent dans les mêmes combines pourries. Un jour, ils dérobent un sac en cuir avec à l'intérieur deux millions d'euros. De quoi se payer une nouvelle vie en quittant Calais pour le Sud et surtout retrouver Carole, la fille qu'ils ont toujours aimée. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévues, et bientôt le sac va se retrouver en possession de Nino, un jeune chanteur de bar qui tente de percer. Il deviendra célèbre en devenant le meneur d'un groupe de rock. Mais très vite sa route va croiser celle de Serge, à qui appartient le fameux sac en cuir, qui ne pense qu'à une chose le récupérer au plus vite !

J'avais pas mal de fois croiser ce roman sur la toile et sa couverture m'a également tapé dans l'oeil. Difficile de classer ce livre en polar ou en roman. Je me suis simplement laissée porter par l'histoire.

L'auteur nous livre le portrait de quatre personnages : Karl, Fred, Nino et Serge. Quatre personnages qui vont se croiser au fur et à mesure de l'histoire. Nous avons tout d'abord Karl et Fred. On apprend à connaitre leur quotidien fait de galères, de combines, parfois un peu d'amour. Puis rentre en jeu ce fameux sac en cuir avec tous ces billets à l'intérieur. Karl et Fred rêvent alors d'une vie meilleure. Néanmoins, la vie va en décider autrement. Rentre alors en scène : Nino. Encore une fois, le lecteur apprend d'abord à connaitre ce personnage qui passe de chanteur de bar minable à une célèbre rock star ! A contrario de Fred et Karl, Nino considère ce sac comme un piège, comme un mauvais présage. A-t-il raison ? L'auteur fait alors place au dernier personnage phare du roman : Serge. Alors que le lecteur en a entendu parler depuis le début du roman, cette dernière partie nous permet de faire connaissance plus amplement avec lui, de connaitre son histoire et par là même l'histoire du sac en cuir.

Vous l'aurez compris, le sac en cuir est l'élément déterminant de l'histoire, le fil rouge qui relit chaques personnages entre eux.
Le style est assez différent de ce que l'on peut croiser habituellement mais c'est ce qui fait l'originalité de ce roman. Je dois dire que c'est assez bien trouvé de la part de l'auteur de nous faire mijoter à chaque nouvelle partie. Cela entretient le suspense et nous donne envie de continuer à tourner les pages pour connaitre le fin mot de l'histoire. Du coup, à nous présenter les choses ainsi, le lecteur se forge plusieurs théories sur le pourquoi du comment. Inutile d'en dire plus, il suffit pour cela d'ouvrir ce roman et de s'y plonger intégralement !

Petites citations pour la route : "On ne restera pas longtemps, on sera vieux sans avoir rien vu venir, on le sait tous dans un coin sous nos crânes mais on s'en parle peu, et peut-être est-il temps de ne plus en perdre trop, de ne plus s'éviter, enfin de vivre ensemble."

"Il le fallait, c'était comme ça, on ne pouvait pas passer sa vie sans y goûter du mieux possible, c'est Mayerling qui l'avait dit. Accomplir son devoir, celui d'être plus heureux que nos parents, au moins essayer. L'heure approchait. On verrait bien ce que nous réservait la suite, pour le savoir, il fallait au moins la vivre. Imaginer le reste était une chose merveilleuse. Faire tout ce que l'on peut pour voir en face son destin s'accomplir était une chose plus belle encore."

"Il songeait aux illusions, celles dont on se berce, que l'on choisit de croire et suivre, celles que l'on se refuse, aussi, parfois, sans que l'on puisse jamais s'en vouloir, le tout étant de continuer, de vivre encore et d'essayer, de regarder, de s'écouter, de parfois se laisser aller."

05/09/2014

"La mécanique des fluides" de Lidia Yuknavitch

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Lidia, nageuse, quitte le domicile familial pour rentrer à la fac grâce à une bourse d'étude. Elle fuit son père sadique et violent, et sa mère dépressive et suicidaire. A l'université, elle fera la connaissance d'un monde de débauche où sévit sexe, drogue et alcool. Elle finira par rejoindre un groupe d'écriture encadré par Ken Kesey, qui lui donnera envie de devenir écrivain.

Que dire sur ce livre étrange et particulier ? Au départ, le résumé m'a clairement donné envie mais en ouvrant le livre et en lisant les premiers chapitres, j'ai assez vite déchanté...

Nous suivons la vie de Lidia par petits épisodes, par des souvenirs mis bout à bout, sans forcément suivre un ordre chronologique bien établi. C'est parfois destabilisant pour le lecteur de trouver une Lidia femme dans un chapitre, une Lidia enfant dans l'autre et de revenir dans le présent ensuite. Je dois même dire qu'à certain moment, je ne savais pas si elle était à la fac, si elle était petite ou si elle était adulte comme aujourd'hui.

Dès le début, nous savons que sa vie ne sera pas des plus roses : son accouchement d'un bébé mort-né, un père colérique et violent, une mère passive et suicidaire, ses trois avortements, son échec à la fac, ... Le style suit cette vie tourmentée avec un langage cru, parfois vulgaire, avec des passages qui pourraient en choquer certain.

On remarque tout de suite la volonté de Lidia de devenir écrivain. Dans ce livre, le style d'écriture évolue en permanence (répétition de mots et d'expression, ponctuation parfois manquante,  interpellation du lecteur, champ lexical, ...). L'auteure s'applique aussi à nous donner un fil conducteur du début à la fin : l'eau. En effet, Lidia est une nageuse et à travers ses souvenirs, elle ne cesse de nous parler d'eau.

Bref, nous avons ici un petit olni (objet littéraire non identifié) qui je pense ne plaira pas à tout le monde. Pour ma part, j'ai eu du mal à adhérer à ce genre de lecture.

Je remercie les éditions Denoël !

Petites citations pour la route : "Désintoxication, rechute et souvenir ne riment pas, mais vont bien ensemble."

"Il est possible d'aimer les hommes sans rage. Il y a des milliers de façons d'aimer les hommes."

Titre : La mécanique des fluides
Auteure : Lidia Yuknavitch
Traducteur : Guillaume -Jean Milan
Editeur : Denoël & D'ailleurs
Parution : 11 septembre 2014