23/04/2014

"Les jolis garçons" de Delphine de Vigan

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Emma nous livre les trois rencontres masculines qui ont rythmé sa vie : Mark, Ethan et Milan. Des relations avec des hauts et des bas, des moments de vie et des réflexions à la "De Vigan".

Delphine de Vigan est une de mes auteurs préférés et j'aime découvrir que ce soit ses anciens romans comme ses derniers. Ce que j'aime chez elle c'est sa manière de choisir les mots, de les assembler et de nous livrer quelque chose de beau.

Ici, il ne faut pas se focaliser sur l'histoire, puisqu'en réalité il n'y en a pas vraiment. On survole la vie d'Emma à travers les relations qu'elle a eu avec ces trois hommes. La première partie m'a totalement surprise, je ne vous dirais pas pourquoi bien sûr, mais je peux vous dire qu'on a l'impression qu'elle s'adresse directement au lecteur grâce au vouvoiement. On se sent impliqué mais petit à petit on comprend qu'Emma s'adresse à une personne bien précise.

Dans la deuxième partie, l'auteure s'amuse au principe de répétition, sans être pour autant ennuyeuse. Cela m'a amusé car le fait de choisir ce style là renvoie directement à la personnalité de l'homme dont il est question dans cette partie.

La troisième partie est plus fournie en détails, comme si elle voulait tout nous montrer. Le lecteur devient spectateur à part entière. Et encore une fois l'auteure nous renvoie à l'homme qu'elle nous décrit.

Ce petit livre est assez court, à peine 149 pages. Même s'il peut se lire rapidement, je dois dire que je me suis attardée sur le style si particulier de Delphine de Vigan. Alors certes, ce n'est pas mon préféré, mais je suis tout de même contente de l'avoir découvert !

Petites citations pour la route : "J'aime bien les bars et les soirées, les endroits où il y a du monde, j'aime regarder les gens, les écouter, parfois il me semble que la vie m'échappe, se soustrait, je ne parle pas du temps qui passe, Ethan, je parle de cette sensation étrange et douce, d'être en dehors."

"J'étais pour ma part convaincue d'une chose : par définition l'amour emporte, accapare, renverse, et rien d'autre ne vaut la peine."

21/04/2014

"Visions nocturnes" de Nathalie Siwek

11 fev 2014.JPG

Prudence est une jeune femme un peu particulière puisqu'elle a le don de voir les morts. Elle essaye de cacher ce don en prenant des médicaments et en se concentrant sur sa propre vie. Mais voilà depuis peu, elle fait d'étranges rêves où une jeune fille Lulubelle est victime de son père violent et des moqueries de la part des élèves de sa classe. Lulubelle est néanmoins aidée par une petite fille imaginaire du nom de Faustine.
Petit à petit Prudence va découvrir que cette Faustine a un rapport avec d'anciens meurtres de petites filles de la région. Lorsque la vie d'une petite fille proche d'elle est en danger, Prudence va se mettre à enquêter !

J'avais repéré ce titre chez deux copinautes : MyaRosa et Laety ! Cette dernière a eu la gentillesse de me prêter son exemplaire. Depuis le temps que je voulais lire cette histoire intriguante, je la remercie de tout cœur !

Ce livre est très clairement dur à classer : simple roman ? roman policier ou plutôt fantasy ? Pas simple, puisque l'histoire de Prudence et par la même de Lulubelle et Faustine, est un bon concentré de ces trois genres !

L'histoire de Lulubelle se met petit à petit en place puisque le lecteur n'a que quelques passages de sa vie (les plus marquants) car c'est Prudence qui rêve de la fillette. Quant à l'histoire de Prudence, elle se déroule sous les yeux du lecteur. Je dois dire qu'au début j'ai été grandement attiré par la vie de Prudence : cette jeune femme un peu paumé dans sa vie, bah oui, voir les morts c'est pas forcément simple, surtout quand on vient de se faire larguer par son mec et qu'on est à deux doigts de perdre son job ! Enfin bref, Prudence, grâce à sa famille va rebondir, mais aussi grâce à Lulubelle et Faustine !

Alors oui il y a une part de surnaturel, mais j'ai l'esprit ouvert donc ça ne m'a pas dérangé ! ça met un peu de piment à cette histoire. Et pour les fans de romance, je peux vous dire qu'il y en a un petit peu ! ;)

Et puis cette couverture ne peut que vous attirer. Je la trouve vraiment sublime !

19/04/2014

"La vacation" de Martin Winckler

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Bruno Sachs, médecin généraliste, pratique des avortements lors de vacations hebdomadaires dans un hôpital.

Ce roman est la premier livre écrit par Martin Winckler, médecin. Folio le réedite aujourd'hui et j'ai eu la chance de pouvoir le découvrir. J'avais déjà lu "Le choeur des femmes" du même auteur que j'avais beaucoup apprécié.

Martin Winckler a la particularité de savoir s'adresser à son public : à savoir les femmes qui viennent en consultation gynécologique. C'est souvent un moment difficile, pas forcément agréable mais qu'il faut pourtant faire. Il faut aussi préciser que l'auteur anime deux sites webs et est donc en contact permanent avec les gens. Il sait écouter, répondre correctement aux questions et doutes de la gente féminine.

Ici, il aborde l'IVG. Il explique la manière dont se déroule l'intervention, les cas que les médecins peuvent rencontrer, comment réagissent les patientes (ou les accompagnants), ... Un sujet pas facile mais très bien amené par l'auteur. Alors bien sûr il y a risque de répétitions mais cela ne m'a pas dérangé. Il faut dire que ce roman se lit assez vite et qu'il ne fait 214 pages !

J'ai aimé aussi l'aspect création du roman. En effet, le narrateur prête son temps à l'écriture. On a l'impression d'assister à la naissance du livre que nous avons dans les mains. Cela permet aussi de faire une coupure avec le thème des avortements, de l'hôpital, des médecins...

Concernant le style, il peut dérouter. J'ai parfois eu du mal à me situer entre les pensées du narrateur et la description de l'action et de ses gestes. Des mots coupés, des phrases hyper longues, des parenthèses en italiques ... ça peut donner envie de sauter des lignes ou même de refermer le bouquin. Malgré tout ça je m'y suis accrochée et je n'ai pas été déçue.

Bien évidemment, comparé au livre "Le choeur des femmes", on sent que l'auteur a évolué humainement depuis "la vacation".

Je remercie les éditions Folio de m'avoir permis de découvrir ce livre.

Petite citation pour la route : "Tu dis : écrire, c'est tuer quelque chose en soi pour pouvoir continuer à vivre."

16/04/2014

"Pour quelques milliards et une roupie" de Vikas Swarup

 

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Sapna Sinha est une jeune femme qui a dû abandonner ses envies de travailler dans le monde de l'édition pour survenir aux besoins de sa mère malade et de sa petite soeur qui rêve de devenir célèbre. Elle travaille donc comme vendeuse d'électroménager. Un jour, elle rencontre un homme qui se dit PDG de la plus grande multinationale d'Inde. Il lui propose de passer sept epreuves pour pouvoir prendre sa place au sein de son entreprise. Sinha se méfie et sent l'entourloupe, mais un concours de circonstance fera qu'elle devra accepter sa proposition. Les épreuves commencent...

L'auteur Vikas Swarup est l'auteur indien le plus célèbre, notamment grâce au succès de Slumdog Millionaire (titre du roman : Fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint millardaire) adapté au cinéma et primé à plusieurs occasions.
Lorsque Babelio m'a proposé de lire son dernier roman, je n'ai pas pu refuser cette si belle proposition !

Et je ne le regrette pas du tout, puisque j'ai tout simplement adoré ! Je tiens tout d'abord à saluer le style de l'auteur, qui m'a comblé au niveau des citations ! Des mots et des paroles qui prennent sens, une belle réflexion sur la vie et le quotidien. Une lecture plaisante ne serait-ce que pour l'écriture de l'auteur.

Alors bien sûr, l'histoire en elle-même semble peu crédible : un PDG qui choisit au hasard une jeune femme et lui propose de prendre la tête de son entreprise à condition qu'elle réussisse sept épreuves "de la vie" où certaines notions propres au PDG sont fondamentales comme l'intégrité, le courage, ... Je dois dire que la protagoniste principale ne se laisse pas facilement avoir, elle doute beaucoup du fondé de cette proposition et refuse quasi jusqu'à la fin de croire à cette chance.

Une fois passée le côté "trop beau pour être vrai", je me suis laissée facilement bercer par l'histoire de Sapna. De plus, grâce à ce roman, on voyage à travers l'Inde d'aujourd'hui, qui n'a malheureusement pas que les bons cotés montrés aux touristes : la corruption, les traditions anciennes barbares, la mendicité, ...

La fin m'a assez surprise par le tournant que l'auteur donne à son histoire. On arrive à une partie qui tire plus du polar que du roman.

J'ai apprécié ce roman même si je suis persuadée que certains lecteurs n'apprécieront pas forcément le côté non crédible de cette histoire ! Un bon moment pour moi malgré tout !

Je remercie Babelio et les éditions Belfond pour la découverte de ce livre et de cet auteur !

Petites citations pour la route : "Dans la vie, on n'obtient jamais ce qu'on mérite ; on obtient ce qu'on a négocié."

"L'espoir est une drogue douce qui te fait planer selon la dose d'attentes irréalistes qu'on t'injecte. Reviens sur Terre, veux-tu ?"

"Les morts ne meurent pas. Tant qu'on se souvient d'eux, ils continuent à vivre dans nos coeurs."

"On ne choisit pas sa famille, mais on a toujours le choix de réparer ce qui a été cassé."

"Personne ne peut prédire l'avenir. Et la clairvoyance n'est qu'un mot ronflant pour signifier qu'il faut tirer des leçons des échecs et des réussites du passé afin de s'assurer des beaux lendemains. Les hommes poursuivent cet idéal depuis la nuit des temps. Cela s'appelle survivre."

"il y a des souvenirs qu'il vaut mieux garder enfouis dans un recoin de sa mémoire. Car, au contact de la réalité, ils se désagrègent à la lumière et tombent en poussière."

10/04/2014

"06h41" de Jean-Philippe Blondel

 

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Le train de 06h41 au départ de Troyes et à destination de Paris va réunir deux êtres qui ne se sont pas revus depuis plusieurs années : Cécile et Philippe. Ils vont s'asseoir l'un à côté de l'autre, se reconnaître, mais d'un accord commun vont faire semblant de ne pas se connaitre et ne vont même pas s'adresser la parole. Etrange ? Perdus dans leurs pensées, ils vont se rappeler le passé pour se rapprocher du présent. Que s'est-il passé entre eux ? Vont-ils finalement se parler ?

J'avais envie d'un petit roman adulte pendant ma grande période jeunesse de l'année (pour le boulot) et j'avais déjà repéré ce titre depuis un bon moment. Hop je profite de mes trajets quoditiens en train pour le commencer !

Deux narrateurs s'opposent ici : Cécile et Philippe. Le lecteur connait leurs pensées propres et entreprend avec eux un voyage au coeur de leur passé respectif et commun. Petit à petit, on découvre leur relation assez brève de quatre mois, leur rencontre, leur voyage à Londres et leur rupture. J'ai aimé découvrir les deux points de vue de ces deux personnages sur des évènements qu'ils ont en commun.

Je me suis sentie parfois un peu perdue dans qui parlait mais au fil de la lecture, on finit par s'y habituer et cela devient moins gênant. On se surprend vite à éprouver des sentiments pour ces deux personnages : la compassion, la colère, la répulsion, ... Bref le lecteur devient spectateur du passé des personnages. On revient de temps en temps au présent, à ce voyage en train qui en devient limite gênant.

Le style de l'auteur est soignée et facile d'accès. J'ai aimé ses réflexions et le fait de parvenir à faire ressentir les émotions des personnages au lecteur. C'est une histoire assez simple mais qui justement pourra parler à beaucoup de monde.

C'est un livre qui se lit rapidement, je pense même qu'il est idéal pour passer le temps dans le train ! ;)

Petites citations pour la route : "Parfois, la vie nous emmène loin d'où nous pensions aller. Parfois, ce n'est pas un mal."

"Personne ne nous a jamais prévenus que la vie, c'était long.
Que les slogans faciles qui font battre le coeur, les "vivre vite", les "mourir tôt" - tout ça, c'était des balivernes."